les Houps

un conte à lire aux enfants

le hibou enchanteur
 

Chapitre premier

Le village des Houps

 

Houps le jeune regarda le poisson filer entre les joncs et pensa qu’il devait être l’heure de regagner le village. Il bâilla, ramassa sa gaule, sortit sa bourriche de l’eau et sourit de la voir vide après cette journée de pêche. Il tourna bientôt derrière le grand frêne et prit le chemin de sa cabane.

 

En ces temps reculés, les sentes étaient peu sûres et à mesure que le soleil regagnait sa tanière à l’horizon, Houps le jeune pressait le pas et ne relâcha son effort que lorsqu’il aperçût la fumée s’échappant des maisons. Le chef du village, Houps le vieux, était un lointain parent d’Houps le jeune. Une reine de cœur tombée d’un jeu de cartes enchantées leur avait servi, à l’époque des charmes, d’aïeule commune. La seule difficulté qui régnait chez les Houps, c’est qu’ils portaient tous le même nom. De fait, quand on appelait un Houps, tout le monde répondait et comme il n’y avait que des Houps, parfois même celui qui avait appelé répondait aussi.

 

Houps le jeune arriva devant le crapaud, gardien de la porte sud du village et se mit à lui dire toutes les gentillesses qu’il pût trouver dans cet instant. À ces mots, la grosse bestiole verte et brune se mit sur le dos et chanta. C’était la façon la plus raisonnable de pénétrer dans le village. On pouvait aussi dire au crapaud qu’il ressemblait à un crapaud, mais là, il vous avalait en disant : "Toi, le Houps, tu ressembles à un insecte". Il fallait alors attendre toute la semaine dans le batracien, Houps le vieux ne vidant le crapaud que le dimanche après la course de pain d’épices. Du reste, le vidage des crapauds gardiens et le découpage des tranches de pain d’épices constituaient les deux principales prérogatives du chef des Houps. Chacun respectait Houps le vieux pour cela, car chacun connaissait le proverbe Houps : "Crapaud mal vidé et pain mal tranché, c’est à coup sûr une journée ratée". 

 

Houps le jeune fit jouer la porte de sa cabane sur ses gonds et se jeta sur sa paillasse. Houps n’avait pas connu ses parents, mais une feuille de menthe sauvage lui avait conté l’histoire de sa famille en lui précisant qu’il pouvait s’agir d’une autre que celle des Houps.

 

Houps exerçait le métier d’écailleur de poissons. Il était tenu d’écailler un poisson par an, qu’il prenait une fois sans écailles entre ses doigts, le faisant rouler jusqu’à ce qu’il s’allonge comme un ver de terre, le peignait alors en noir, l’appelait anguille, lui donnait un numéro et le rejetait dans la rivière. D’autres Houps, de lointains cousins d’Houps le jeune, achetaient les écailles, pêchaient les anguilles à la nasse, les remodelaient dans leurs doigts, les repeignaient en gris bleu, bleu argent, refixaient les écailles avec de la salive de fée puis rejetaient ces nouveaux poissons dans la rivière qu’Houps le jeune rattrapait et le monde allait comme cela.

 

Chaque Houps avait une activité différente. Il y avait le ramasseur d’épices, le dessinateur d’arcs-en-ciel, le sculpteur sur champignons, le fabricant de boîtes trop petites et le métier le plus envié, l’élargisseur de boîtes. 

 

Les Houps ne connaissaient personne et personne ne connaissait les Houps. A part les trois fées et le hibou enchanteur, personne ne les visitait jamais. On eut pu facilement croire que les choses ne changeraient jamais et que ni Houps le vieux, ni Houps le jeune, ni les autres Houps ne souffriraient d’autre chose que d’indigestions de tartines de pain d’épices aux champignons ou de matelote d’anguilles mal peintes. Pourtant, alors que Houps le jeune après s’être retourné deux ou trois fois sur son lit trouvait le sommeil, un événement bouleversa le village à tout jamais.

 

Chapitre deuxième

À la recherche du soleil

 

Tous les Houps et tous les crapauds gardiens étaient réunis sur la grande place du village dallée de peaux de poissons. On était à peu près à l’heure où l’aurore aurait dû se montrer. Houps le vieux essayait de calmer l’assemblée, mais rien n’y faisait ; Il fallait bien se rendre à l’évidence, le soleil ne s’était pas levé.

 

Chacun se regardait, triste, apeuré et l’on décida de réunir le grand Conseil. Debout devant cette assemblée de sages, le fabricant de boîtes trop petites émettait de farfelues hypothèses sur la disparition de l’astre de vie. Le général crapaud pensait qu’un excès de table la veille avait très bien pu clouer le soleil au lit ce matin. Enfin, Houps le jeune prit la parole : "Mes amis, leur dit-il, il faut que quelqu’un parte voir le soleil jusque dans sa tanière". À ces mots, tous chantèrent et dansèrent et deux heures après on riait toujours de sorte qu’on avait oublié pourquoi on riait. Mais Houps le vieux les rappela à l’ordre et leur dit qu’il fallait s’apprêter à monter une longue expédition pour la tanière du soleil. On s’interrogea longuement sur les membres de cette expédition que l’on devait choisir. On avança le nom d’Houps le jeune qu’on écarta parce qu’il était trop jeune et d’Houps le vieux qu’on écarta parce qu’il était trop vieux. On se décida pour Houps le jeune qui emmènerait avec lui un crapaud gardien fraîchement vidé, Houps le ramasseur d’épices, Houps le dessinateur d’arcs-en-ciel et Houps le fabricant de boîtes trop petites. Contents de cette décision, on se remit à chanter, à danser, à boire, puis à dormir dans cette nuit noire de sorte qu’on oublia le départ de l’expédition.

 

Néanmoins, deux nuits de jour et trois nuits de nuit plus tard, Houps le jeune donna le signal du départ. Leurs brodequins lacés par des algues neuves, ils étaient tous prêts pour le grand voyage. Tout le village était triste et madame crapaud en voyant son fils dans son armure de pain d’épices pleura doucement. Ils se mirent en route. Leur petite compagnie s’ébranla rapidement et bientôt ils ne distinguèrent plus les feux du village des Houps.

 

Ils se dirigèrent plein ouest espérant rapidement trouver la tanière du soleil. Nul ne parlait devant la solennité de l’expédition sauf le dessinateur d’arcs-en-ciel qui riait beaucoup, croyant à un jeu. Houps se retourna une dernière fois vers la petite lueur du grand feu de son village qui disparaissait et décida que leur voyage commencerait par l’arbre du hibou enchanteur dont il connaissait les sages conseils. Ils marchèrent, ils marchèrent longtemps.

 

Chapitre troisième

Le hibou enchanteur 

 

Le crapaud gardien avait dévoré presque toute son armure de pain d’épices quand Houps le jeune fit sonner le muguet de l’arbre du hibou enchanteur. Une voix résonna bientôt aux oreilles du groupe :

– Qui est là ? Qui est là ? Hou, hou, hou.

– Ce sont les Houps, répondit Houps le jeune.

– Que venez-vous faire ici en pleine nuit ? Vous dormez normalement à cette heure !?

– Mais il n’y a plus de jour, répondit Houps le jeune.

– Ha ! C’était donc bien ça la raison de ma fatigue, répondit l’enchanteur, d’habitude je dors le jour. Attendez-moi, je descends.

 

Campé dans un bel uniforme taillé dans un pétale de nénuphar, le hibou se retrouva devant les Houps après être descendu de son arbre par bonds légers. Ayant promené son regard sur les Houps, le hibou prit la parole en ces termes :

– Hou, hou, quelle est cette drôle d’expédition ? Qu’est-ce que cela signifie ?

– Nous partons pour la tanière du soleil, répondit Houps le jeune, et nous souhaitons bénéficier de tes sages conseils et savoir ce que tu penses de notre décision.

– C’est une sage décision, hou, hou, proclama l’enchanteur, mais il vous faut pour ce voyage emporter quelques charmes et quelques filtres envoûtants.

 

À ces mots, les Houps se regardèrent tous et le crapaud gardien trembla même un peu. Puis, le rapace soulevant sa cape de pétales remit à Houps le jeune une fiole du sang de la reine Mab — l’accoucheuse des fées — des cerises rieuses et un plein sac de fines aiguilles dont la pointe recelait un poison si violent que quiconque était piqué par elle perdait immédiatement le sens de toute poésie, s’imaginait que le vice et l’argent dominaient le monde, qu’il fallait travailler jour et nuit pendant quarante ans et vivre dans de grandes tours jusqu’à la fin de sa vie, obéissant juste à l’appel de son numéro.

 

Le hibou enchanteur les embrassa tous, même le crapaud et leur souhaita bonne chance non sans avoir crié du haut de son arbre : "N’oubliez pas d’aller voir les trois fées, hou, hou ! Bonne chance". La petite colonne de Houps s’ébranla menée par un crapaud gardien volontaire bien décidé à retrouver la tanière du soleil. Pour remercier le rapace enchanteur, ils jetèrent le sac d’aiguilles pour que personne ne perde jamais la sage poésie.

 

Chapitre quatrième

Les trois fées

 

 Ils marchèrent longtemps. Bien qu’ayant oublié tout ce que le hibou avait dit, ils se retrouvèrent néanmoins après trois nuits de jour et deux nuits de nuit dans la clairière aux fées. Houps le jeune décréta avec conviction qu’il ne pouvait s’agir que de cet endroit et le reste de la compagnie en fut immédiatement convaincu. Ils s’assirent en rond et commencèrent à appeler. La grande difficulté pour faire apparaître les fées résidait dans le charme à invoquer : les appeler une seule fois et du premier coup par leur prénom.

 

Malheureusement, tous l’ignoraient. Mais aussitôt, Houps le jeune leur rappela qu’au pays des Houps, il n’existait que trois noms de fée. Houps le dessinateur d’arcs-en-ciel se mit à expliquer que cela devait faciliter les choses ou bien les compliquer, mais enfin, tous pressentaient qu’il fallait tenter cette chance. Chacun chuchota à l’oreille de l’autre les trois noms de fée qu’il connaissait. Puis, les oreilles chatouillées de ce murmure, ils se mirent à rire beaucoup, oublièrent pourquoi ils riaient, pourquoi leurs oreilles étaient ainsi ravies et pourquoi leurs bouches étaient agitées sans cesse par les trois noms magiques.   Fatigués, ils s’endormirent non sans avoir cherché la position idéale du Houps qui dort : allongé, les yeux clos et les narines au vent.

 

Au matin, Ils décidèrent de grimper sur un roseau en sucre candi pour appeler en même temps les trois fées des trois seuls noms qu’ils connaissaient et qui étaient aussi les trois seuls noms qui existaient et tous se croisèrent les doigts pour que ce sublime stratagème doublé d’une hardiesse qui les fit frissonner réussisse. 

 

Et de fait, à peine eurent-ils dans un beau et joli chœur de Houps entamé le choral du nom des fées qui, avec la recette de l’élixir de nénuphars étaient les deux premières choses qu’on apprenait à l’école des Houps, qu’un grand vent se mit à souffler et qu’Else, Talita et Barberine vinrent se poser, accueillies par une fine bruine de pierreries et les rires des Houps contents d’avoir trouvé les trois noms de fée.

 

Houps le jeune s’adressa immédiatement à Else :

– O belle et grande Else, tu sais que le soleil ne sort plus de sa tanière et qu’il fait toujours nuit au pays des Houps. Que pouvons-nous faire ?

 

De sa voix flûtée, Else, impressionnante rousse au nez très droit et très fin, s’adressa à toute la compagnie :

– Oh, mes commères et moi, nous nous sommes rendues compte de tout cela, nous n’avons pour le moment pas d’explication.

Barberine ajouta : 

– pas d’explication du tout.

 

Talita la sage dont la peau ambrée héritée de ses parents pains d’épices mordorée de doux reflets ses yeux de fleur, prit la parole :

– Pour l’instant, dit-elle, en caressant nonchalamment ses cheveux qui changeaient de longueur et de couleur à chaque inflexion de sa voix, il est vrai que nous ne savons pas grand-chose mais nous soupçonnons étrangement certaines.

 

Barberine ajouta :

– Oui, certainement certaines !

 

Barberine était petite, toute ronde et fort laide aurait dit quelqu’un d’étranger au pays des Houps, mais au pays des Houps, personne ne se souciait jamais de l’apparence des gens ou des choses. On ne s’occupait que de soi ou bien d’aider les autres et l’on préférait parler aux gens que de parler d’eux. Les trois fées s’allongèrent sur un lit de pensées mauves, dérangèrent d’étranges papillons multicolores qui se déplacèrent de quelques mètres sans autre forme de procès, alors qu’une fine bruine de pierreries continuait de tomber.

 

- Que faire ? demanda Houps le jeune.

– Oui, que faire ? insista Houps le dessinateur d’arcs-en-ciel, dites-nous au moins quels sont vos soupçons !

 

Else dit encore :

– Nous pouvons tout vous dire, mais il faut avant que nous soyons d’accord ensembles.

– Mais nous sommes toujours d’accord, dit Talita.

– Oh oui, toujours d’accord, ajouta Barberine.

– Alors, asseyons-nous là tous ensembles et écoutez cette histoire, invita Else.

 

Tous s’assirent sur la fine mousse de rubis, de diamants et de lapis-lazulis et ils tendirent l’oreille pour écouter ; même Else se concentra pour écouter et elle en oublia de raconter l’histoire.

 

– Raconte l’histoire, s’il te plaît, dit Houps le jeune.

– Oui, raconte l’histoire, ajouta Barberine.

 

Et Else se souvint du grand principe découvert par Houps le vieux, le plus grand des savants du pays des Houps : pour bien profiter d’une histoire, il faut deux personnes au moins qui l’écoutent bien et une ou plus qui la raconte bien. Else n’avait pas eu de mal à se souvenir de ce grand principe, car à l’école des fées, la reine du miel enseignait dès la première année tous les grands principes Houps et leur faisait réciter leurs nombreux prénoms. 

 

Elles en avaient toutes près d’une centaine, craignant que les Houps ayant besoin d’elles aient oublié leur prénom et ne puissent les appeler. De fait, Else s’appelait aussi Poisson, Miramar, Algue verte, Rose, Champignon, Sentier pentu, Mirabelle, Plume d’alouette. Talita, Rivière, Pâté d’anguilles, Musée national et Barberine, Abeille, Pierre polie, Fraîcheur, Grenouille nouvellement lunettée, Pimprenelle et Mimosa.

 

Else se mit à raconter :

– Nous pensons...

– Oui, nous le pensons, ajouta Barberine.

– Nous pensons, reprit Else, qu’il pourrait s’agir d’une révolte des lentilles. 

 

La compagnie des Houps n’en crut pas ses oreilles.

 

- Comment ça ? dit Houps le jeune.

– Oui, comment cela ? ajouta Barberine.

 

Else poursuivit :

– Depuis de très longues années, plus personne ne cueille les lentilles et nous sommes persuadées...

– Oui, persuadées, ajouta Barberine.

– En tous cas, nous le pensons très fortement...

– Oui, très fortement, ajouta Barberine.

– Que les lentilles ont dû se fâcher que personne ne les mange, que personne ne les récolte et depuis, elles se laissent pousser si haut, deviennent si grandes qu’elles en cachent le soleil qui lui, n’y est pour rien.  

- Il suffirait donc de manger des lentilles pour que le soleil réapparaisse ? interrogea Houps le jeune.

– Nous le pensons, dit Else.

– Oui, nous le pensons, ajouta Barberine.

Houps le jeune se gratta un long moment la tête, signe de son intense effort puis leur déclara gravement :

– Alors, je ne vois qu’une solution. Il faut partir à la recherche des lentilles.

– Oh oui ! s’écrièrent en cœur les trois fées, voilà une idée qui plairait à la reine du miel. Nous allons vous confier un moyen de les trouver au plus vite, vous vous perdez au fond de la forêt à l’endroit le plus sombre et le plus inquiétant, puis vous lancez des miettes de brioche devant vous, et en retombant au sol, elles vous montreront le chemin jusqu’aux lentilles, qu’il vous faudra encore apprivoiser.

 

Les Houps embrassèrent les fées pour les remercier, s’embrassèrent aussi entre eux, bref tout le monde s’embrassa tellement que tout le monde oublia très vite pourquoi on s’embrassait et néanmoins, la petite troupe se remit en marche. 

 

Les Houps étaient encore visibles sur la ligne de l’horizon qu’Else dit :

– Je les aime bien, moi, les Houps.

– Ils sont gentils, renchérit Talita.

– Oh oui, ils sont gentils, répéta Barberine.

 

Chapitre cinquième

 La révolte des lentilles

 

 À l’aide de sa longue-vue taillée dans une jeune pousse de bambou, le général des lentilles surveillait l’arrivée de la petite troupe menée par Houps le jeune qui marchait nonchalamment à flanc de coteau, la bouche encore sucrée par les brioches. Le vieil officier grognon était surnommé "Vévette ma soupe" à cause d’une déplorable habitude. En effet, de sa grosse voix qui faisait rire ou peur aux petites lentilles selon le jour de leur floraison, il ordonnait au crépuscule et par tous les temps, virevoltant comme une phalène affolée :

 – Vévette, ma soupe !


 

Là, toutes affaires cessantes, la première dame des lentilles, son épouse, dans un tintement de sa jupe d’oignons grelots versait un peu d’eau chaude sur un sachet de passiflore, de fumeterre, de baies roses et de poudre de perlimpinpin, le clou de la préparation restant celui de girofle. Le général engouffrait alors sans retirer son casque cette mixture, qu’il trouvait délicieuse au demeurant, et il fallait attendre le lendemain pour l’entendre de nouveau s’écrier à la tombée du jour :


– Vévette, ma soupe !



 

Bien évidemment, depuis que le soleil ne se levait plus, le crépuscule n’existait plus et aucun militaire ne supportant les choses abstraites, le général des lentilles criait désormais n’importe quand et n’importe où :

 – Vévette, ma soupe ! 


Celle-ci en préparait constamment de nouvelles et en possédait déjà deux grands hectolitres d’avance. Les passiflores en fleurissaient dans les assiettes tandis que les baies roses en germant éclataient et débordaient du chaudron en se répandant comme un tapis nacré de rose alentour. Bref, il y avait quelque chose de fleuri au royaume des lentilles.



Pour le moment, le général des lentilles avait décidé d’enfiler à la hâte son uniforme d’apparat en fanes de poireaux et d’attendre la petite équipée assis sur un rondin de charme.



Quelques heures venaient de s’écouler. Après avoir écouté le récit d’Houps le jeune, le général des lentilles ne décolérait pas. Il n’arrivait pas à croire que les trois fées aient pu émettre l’hypothèse que des lentilles, ayant trop poussé, aient pu cacher le soleil. C’était absurde. Bien sûr que les enfants ne mangeaient pas assez de lentilles, un enfant ne mange jamais assez de lentilles, mais de là à faire des lentilles les responsables !



Le général était très froissé et ses décorations de radis en tressautaient lamentablement sur son uniforme de poireaux. Vévette riait doucement en se dissimulant, car elle savait que c’était là un signe de grand énervement. Une fois, il en avait même croqué plusieurs de colère sans s’en apercevoir, dont celle de meilleur beau-père ce qui l’avait immédiatement fait détester de l’un de ses gendres, un beau légume ferrugineux à la stature d’antique lentille grecque que l’on surnommait Alexandre le grand féculent. Ce dernier avait la manie de distribuer à tout le monde de beaux ajoncs fraîchement coupés. N’étant pas avare, il en donnait des gerbes dorées à tous, toute la journée et sans chipoter. C’est ce qu’Houps le vieux appelait payer ajonc comptant et au pays fabuleux des Houps, c’était une énorme qualité. 



Le général ne cessait de répéter pour lui, autant que pour l’assemblée : 


– C’est absurde, c’est absurde, les lentilles ne sont aucunement responsables.



Houps le jeune se hasarda à rompre le silence qui s’était installé et demanda :
– Pardon mon général des lentilles, mais si les lentilles n’y sont pour rien, qui a bien pu nous cacher le soleil ?



Le général, laissant tomber en signe d’impuissance ses deux grandes feuilles le long de son uniforme, répondit :


– Je ne sais pas et je n’aime pas quand je ne sais pas. Pour moi, les choses doivent être toujours claires et là, je n’y comprends rien.



 

Vévette, la première dame des lentilles, l’ensemble de l’armée lentille, Houps le jeune, le crapaud et les Houps qui l’accompagnaient restèrent là un long moment sans mot dire. Puis le général déclara avec une solennité qui impressionna tout le monde :


– Que les lentilles se tiennent prêtes à se révolter et que l’on dépêche un courrier hérisson pour Houps le vieux, un autre pour le hibou enchanteur et un autre pour les trois fées.



 

Et, se raclant la gorge pour s’assurer de sa belle voix, il cria au greffier écureuil :


– Notez :     à compter de ce jour de jour ou de ce jour de nuit — le général ayant perdu le compte des aurores disparues — les lentilles se révoltent contre ceux qui ont osé dissimuler le soleil et se placent sous le commandement d’Houps le jeune, promu pour la circonstance lentille d’honneur.



 

Les oignons grelots des lentilles tintinnabulèrent, les greffiers écureuils scellèrent leurs messages à la salive de fée, les piquèrent sur les courriers hérissons qui partirent aussitôt et l’ensemble de l’armée lentille survoltée autant que révoltée se mit en marche suivant
d’un pas sûr et ordonné Houps le jeune et le général des lentilles. Puis, ce dernier ignorant l’heure qu’il pouvait être, se mit à hurler :


– Vévette, ma soupe !



 

Vévette et ses lentilles complices sortirent les hectolitres de breuvage. Tout le monde mangea, rit et écouta le général raconter pour la centième fois les histoires du temps où il vivait au pays des pingouins. Houps le jeune se mira longuement dans une goutte de rosée vêtu de son bel uniforme de poireaux, puis s’endormit. L’on oublia le départ et le sage général dans un dernier "Vévette, ma soupe !" s’endormit également en précisant que le départ serait remis à la prochaine nuit de jour. 



 

 

Chapitre sixième



L’éboulis d’étoiles

 

  Houps le jeune ouvrit un œil, puis le second. Il s’aperçut que tous dormaient encore, que le général des lentilles ronflait tant et bien qu’il aurait sans doute étonné toutes les lentilles, mais voilà, toutes serrées les unes contres les autres, elles dormaient aussi. Et Houps le jeune fut incapable de les réveiller, trop habituées qu’elles étaient à cette berceuse tonitruante. Il entreprit de secouer doucement Houps le dessinateur d’arcs-en-ciel, Houps le ramasseur d’épices, le crapaud que Vévette gentiment avait fraîchement vidé, car dans l’euphorie de la veille, le crapaud avait avalé le reste des Houps qui l’accompagnaient et qui gisaient mollement, encore visqueux, à côté du batracien. Quand tous furent prêts, ils décidèrent de partir en laissant l’immense armée révoltée des lentilles dormir profondément et la petite compagnie, emboîtant le pas sûr d’Houps le jeune, se remit en marche, décidée qu’elle était à permettre au feu resplendissant du soleil de retrouver sa course dans le beau ciel du pays des Houps.

 

Cette nuit de jour s’annonçait bien, tous étaient de bonne humeur, ils avaient fait bombance et mis à part le crapaud qui avait encore faim, l’équipée serpentait joyeusement en s’éloignant des lentilles ronfleuses. Houps le jeune marchait et marchait encore. Ce voyage, si sérieux et important qu’il pouvait être, lui avait d’abord permis de revoir le hibou enchanteur, les trois fées, les lentilles et leur général grognon au cœur d’or et subitement, il pensa qu’il était important de visiter souvent ses amis, de bavarder, de boire et de manger et qu’en leur compagnie, on apprenait toujours beaucoup de choses ; même, et ce n’était pas le moins extraordinaire, lorsqu’on n’apprenait rien : on était bien, c’était tout et ce n’était déjà pas si mal.

 

Houps le jeune marchait en devisant ; les autres suivaient, qui en somnolant, qui en cueillant des fleurs, qui, comme le crapaud, marchait en se demandant pourquoi il marchait. Houps le jeune les regarda tous tour à tour et il pensa dans un large sourire à un proverbe qu’Houps le vieux lui avait enseigné :

– Avoir un ami, c’est comme un bon lit, ça repose.      

 

Et Houps le jeune pensa que cela était vrai et qu’Houps le vieux était décidément le plus grand sage du pays des Houps.

 

Ils marchèrent longtemps, très longtemps et chemin faisant, ils arrivèrent dans une immense clairière que l’obscurité rendait un peu effrayante. Et là, tous s’émerveillèrent d’un spectacle d’une beauté étonnante. En effet, du fond d’un trou gigantesque s’échappait à grand peine, à travers un éboulis d’étoiles qui faisait ressembler la vallée à un champs d’héliantes divines, de grandes lignes de feu comme des serpentins d’or vivant qui retombaient en fine bruine sur ce parterre scintillant. Tout cela était magnifique et tous restaient muets d’admiration et pétrifiés de bonheur devant tant de beauté. Houps le jeune eut la force de penser et dit pour lui-même :

– Que la nature est belle lorsqu’on la regarde.

 

Houps le dessinateur d’arcs-en-ciel crayonna une esquisse. Houps le fabricant de boîtes trop petites se demanda comment attraper une étoile et le crapaud, lui, n’ayant jamais rien vu de pareil, trouva que c’était aussi bon qu’une épaisse tranche de pain d’épices au miel. Assis dans l’herbe verte et moelleuse, tous se rassasiaient de ce qu’ils voyaient. Ils ne savaient même pas ce qui les enchantaient le plus : cette lumière magique, eux qui en étaient privés depuis si longtemps, ces étoiles de toutes les tailles et de toutes les couleurs ou ces grands fils d’or comme les cheveux de Talita la fée. Dans ce ciel d’un profond ambré, la clairière ressemblait à un immense théâtre servant l’improvisation d’une nature facétieuse.

 

Houps le ramasseur d’épices épousseta un peu de poussière d’étoiles dont il remplit une fiole et il décida que rentré au village, il la casserait au fond de la rivière pour que l’eau scintille la nuit. Le crapaud voulut manger une étoile, mais n’y arriva pas. La beauté se respecte, elle ne se consomme pas. Houps le dessinateur d’arcs-en-ciel s’arrêta de dessiner. Regarder devenait plus important. Houps le jeune contempla ses camarades, car ses amis heureux étaient un aussi beau spectacle que la clairière illuminée.

 

Des heures et des heures passèrent devant tant de merveilles. Nul ne pouvait songer à autre chose qu’à se remplir les yeux de cette vision magique tant la nature Houps ressemble parfois à la nature humaine, si belle et ineffable dans cette représentation spontanée des mille et une choses tombées du ciel qui enflammaient la vallée comme un cœur amoureux. Dieu que cela était beau.

 

La nature reprenant doucement ses droits, une douce torpeur les envahit leur rappelant leur longue marche depuis qu’ils avaient quitté les lentilles, mais aussi les milliers de pas qu’ils avaient dû faire depuis qu’ils avaient entrepris ce voyage ensemble.  

 

Enfin, s’harmonisant à cette féerie, ils s’endormirent serrés les uns contre les autres, des étoiles scintillants encore sous leurs paupières fermées.

 

Chapitre dernier

 La quête de l’aurore

 

 Houps le vieux acheva de boutonner son armure de pain d’épices et pensa qu’il avait eu raison d’emmener tout le village des Houps à la recherche d’Houps le jeune et de ses compagnons. En effet, il y avait déjà de nombreuses nuits de jour et autant de nuits de nuit que la folle équipée s’était mise en marche et le village des Houps était toujours plongé dans une profonde pénombre qui commençait à faire frissonner. Pas d’aurore à l’horizon, pas de soleil resplendissant au zénith ; cette fois, l’espoir avait bel et bien laissé place à l’inquiétude.



Le général des lentilles se réveilla dans un dernier ronflement et entra dans une fureur pataphysique en constatant qu’ils avaient encore une fois oublié de se réveiller. Par réflexe, il hurla :
– Vévette, ma soupe !


Puis, ordonna le branle-bas à toute l’armée des lentilles et de fait, à charge et à cadence des grandes manœuvres, moins d’une heure après, la clique se mettait en marche et s’enfonçait rapidement dans la vallée.
L’œil rond et jaune s’ouvrait et se fermait par saccades trahissant les nombreuses questions qui traversaient la tête du hibou enchanteur :
– Hou, hou, hou, où sont donc passés l’aurore, le zénith et le crépuscule ? Qu’est-il arrivé à ce monde si gentil et si tranquille ?



Le hibou enchanteur avait exprimé dans un profond soupir tout ce qui le hantait depuis des jours. Cette fois, sa décision était prise ; il quitterait son arbre sans plus tarder et partirait à la recherche des Houps en commençant par le domaine des fées.



Talita tapotait nerveusement quelques clochettes de bruyère. Assise sur un banc de champignons moussus, elle regardait fixement Else, absorbée par la couture d’ailes de libellules. Barberine achevant d’écosser quelques haricots magiques et ne sachant trop quoi faire se mit aussi à tapoter nerveusement et à réfléchir autant qu’elle le pouvait. Talita rompit ce lourd silence et dit d’une voix douce qui ne manquait pourtant pas d’autorité :
– Allons mes commères, allons, il faut se mettre en route. Sans soleil et sans jour, les Houps se sont sans doute perdus, ils sont même capables d’avoir oublié notre nom et nous restons là sans rien faire !



Ce faisant, les cheveux de Talita devinrent très courts, d’un bleu sourd et électrique et ses yeux de fleur pailletés de délicates taches violettes s’agrandirent encore. Else répondit :
– Tu as raison, tout cela est inquiétant, il faut se mettre en route.



Et sans attendre leur réponse, elle s’envola en direction de la grande vallée laissant derrière elle un sillage de perles et de poudre d’escarboucles. Talita s’envola presque aussitôt et Barberine ajouta :
– Oui, vous avez raison, il faut partir !



Elle se débarrassa de ses haricots magiques et dans un laborieux envol, décolla pour rejoindre les deux autres fées qui n’étaient déjà plus que deux points d’or dans cette pesante obscurité.



Houps le jeune se réveilla. Non, il n’avait pas rêvé, les étoiles étaient toujours là. Par milliers, elles sautaient, dansaient sur une gigue que seuls les Dieux des Houps pouvaient entendre. C’était des couleurs magnifiques et autant de reflets. Les autres Houps et le crapaud se réveillèrent tour à tour, mais nul ne parlait, tout entier qu’ils étaient à cette féerie offerte comme la douceur d’une maman, le sourire des muses ou les ailes des papillons du cortège des mondes.



Sur ces entrefaites, l’armée des lentilles arriva précédée de son général grognon, survolée des trois fées et du hibou enchanteur qui décrivaient de grands cercles étonnés devant le spectacle qui s’offrait à eux. Peu après, tous les Houps firent leur apparition dans la clairière et ne savaient plus si leur joie était de retrouver tous leurs amis ou d’admirer ce ciel splendide. Tous s’embrassèrent et pêle-mêle, fées contre hibou, lentilles contre Houps, on échangea des heures durant sourires, embrassades et franches rigolades.



Néanmoins, Houps le jeune, Houps le vieux et le général des lentilles accompagnés de la très belle Talita, s’étant retirés à l’écart, venaient enfin de tout comprendre. Houps le vieux résuma d’une voix profonde et calme :
– Ce merveilleux éboulis d’étoiles n’en retient pas moins prisonnier le soleil dans sa tanière et malgré les quelques rayons qui percent, le pauvre se trouve là, coincé, seul et triste aussi peut-être. Talita laissa couler sur sa joue une larme d’opaline. Houps le jeune proposa d’essayer de renvoyer les étoiles dans le ciel et tous en tombèrent immédiatement d’accord. Alors, il monta sur un arbre et s’adressa à l’assemblée de la vois la plus forte dont il put user. Après, tout s’organisa très vite.



Else et Barberine coupèrent les magnifiques cheveux de Talita, devenus d’une blondeur, d’une longueur et d’une résistance phénoménales, les attachèrent à des nuages pour en faire de magnifiques arcs magiques tandis que le hibou enchanteur collait les étoiles à la salive de fée sur des flèches d’acacia en fleurs. Puis, au signal d’Houps le vieux, les lentilles bandèrent les arcs et dans un seul et même élan, le plus beau des feux d’artifice éclata dans le ciel du pays des Houps. Les étoiles s’étalèrent et le bouquet final fut la montée libératrice, lente et majestueuse du soleil qui s’éleva pour éclairer le monde des Houps d’une aurore que tous garderaient longtemps dans leurs yeux et dans leur cœur. 



En ce beau matin de printemps, le feu resplendissant du soleil dissimula rapidement la fragile lueur des millions d’étoiles. Tous contemplèrent le bleu lumineux avec ravissement un moment. Puis ils se donnèrent un long baiser de paix. Houps le jeune fit dresser des tables de banquet pendant que les dames Houps préparaient de pleins chaudrons d’élixir de nénuphars. Dès que ce fut prêt, tous burent à s’en faire éclater et ils passèrent la journée ainsi en rires et chansons, en contes et histoires, en baisers et joie des retrouvailles. On dut repréparer à la hâte toujours plus d’élixir de nénuphars et le soir venu, le crépuscule descendit doucement sur le pays des Houps. Le soleil regagna sa tanière laissant place au plus beau ciel étoilé qu’on eut vu depuis mille ans. Les cheveux de Talita redevenus longs, moussèrent dans la douce brise qui s’était levée et tous s’endormirent paisiblement. 



Haut dans le ciel, parmi quelques nuages laiteux, la lune s’alluma comme un phare. Houps le jeune regarda ses amis avec une infinie tendresse et pensa que tout était merveilleux au pays des Houps et avant que de fermer les yeux, il eut encore la force de penser à un proverbe d’Houps le vieux :


– Si l’on veut connaître le bonheur, il faut tout faire avec son cœur.

                                                                                    FIN

© Jude de Varennes

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The Houps

A Story to Be Read To Children

 

 Chapter 1

The Houps Village

 

         Young Houps watched the fish weave its way among the rushes and thought that it must be time to go back to the village. He yawned, picked up his rod, and pulling his fish sack from the water, smiled to see it empty after a day’s fishing. Presently, he turned away behind the great ash tree and took the path which led home to his hut.

         In those far off days, the pathways were not safe and as the sun was going down to his lair on the horizon, Young Houps hurried on, his steps slowing only when he saw the smoke rising from the village chimney tops. Old Houps, the village leader, was a distant cousin of Young Houps. Their grandmother, in that fabulous age, had been a Queen of Hearts who had fallen from a magical deck of cards. The Houps all shared the same name, the cause of one major problem: when a Houps called everyone answered even, sometimes, the Houps who called.

         At last, Young Houps arrived at the toad who stood guard at the southern gate of the village and spoke to him as kindly as he could (for that was the best way to gain entry), causing the great green and brown creature to fall on his back and sing out loud. A Houps might also say to him that he looked like a toad but then the toad would swallow him up, saying: “You Houps, you look like a bug”. He would then have to spend a whole week inside the amphibious animal, until Old Houps emptied the toad on the Sunday following the spiced-bread’s race. Emptying the toad guards and slicing the spiced bread were the two chief privileges of the leader. That was why everyone respected Old Houps, for they were familiar with the proverb: “A half-emptied toad and bread badly sliced, is a sure sign of a wasted day”.

         With the door of his hut rattling on its hinges, Young Houps threw himself onto his straw mattress. He had never known his parents but   wild mint leaf had once told him his family history, while adding, that it might just be that of someone else Young Houps job was scaling fish. He had to scale one fish a year, which he then rolled between his fingers, stretching it out like an earthworm, painted it black, gave it a number, called it an eel and threw it back in the river. Other Houps, his distant cousins, bought the scales, netted the eels, re-shaped them, painted them a blue-grey and silvery- blue, stuck the scales back with fairy saliva and threw these newly-made fish into the river where Young Houps would catch them. And that’s how the world was long, long ago.

         Each Houps had a different job. There was a Houps who gathered spices, another who designed rainbows, a Houps who sculptured mushrooms, one who made very small boxes and the Houps who made these boxes bigger, the most sought after job of all. The Houps knew no one and no one knew the Houps for no one ever visited them, apart from Three Fairies and the Enchanted Owl. It would have been easy to believe that nothing would ever change and that neither Old Houps nor Young Houps, nor any other Houps would suffer anything worse than indigestion from eating slices of spiced bread with mushrooms or soup made with badly painted eels. However, as Young Houps finally fell asleep, after tossing and turning a number of times, something happened that upset the life of the village forever.

 

 Chapter 2

 In search of the sun

 

         All the Houps and all the toad guards came together in the village square, which was paved with fish skin, at about the time when the sun should rise. It soon became clear that the sun had not risen and, despite Old Houps efforts, he failed to calm them. Sad and afraid, they decided to call a meeting of the Great Council. The Houps who made very small boxes put forward some very odd theories to account for the sun’s disappearance, while the commander of the toads thought that eating and drinking too much the evening before had kept the sun in his bed. In the end, Young Houps spoke up : “My friends” he said, “someone must go to the sun’s lair”. On hearing this, they all sang and danced and were still merry two hours later although by then, no one could remember why. Old Houps called them to order and said that an expedition must be mounted to find the sun’s home. They took time discussing who should go, at first rejecting Young Houps because he was too young and Old Houps because he was too old. Finally, they agreed on Young Houps who brought with him a toad guard freshly emptied, the gatherer of spices, the designer of rainbows and the maker of very small boxes. Happy with decision, they fell to singing and dancing again until they fell asleep forgetting, in that darkest of nights, that the expedition ought to be on its way.

         Two days of night and three nights of night later, Young Houps gave the signal for them to leave. Their boots laced with fresh seaweed, they were readly for the great adventure. As they set off, the villagers grew sad and Mrs Toad wept silently, seeing her son in his armour of spiced bread. The little band made good progress and soon the light from the village fires began to fade. They walked directly westwards, hoping to reach the sun’s lair quickly. No one spoke, being all too aware of the importance of what they were doing, although the designer of rainbows giggled a lot thinking it all a game. Turning for the last time towards the fast disappearing light of the village fire, they set about seeking first the wise advise of the Enchanted Owl. And so they walked in the direction of his tree-home, for a very long time indeed.

 

Chapter 3

The Enchanted Owl

 

         The toad guard had eaten almost all his armour of spiced bread by the time that Young Houps rang the lily of the valley bell by the tree of the Enchanted Owl. Very soon, a voice answered: “To-wit-to-woo. Who are you, who are you?” 
“The Houps” replied Young Houps. 
“What are you doing here in the middle of the night? Shouldn’t you be asleep? 
“But there’s no day anymore” Young Houps said. 
“Ha! That’s why I’m so tired. I usually sleep in the day. Wait, I’m coming down”.

         Hopping delicately, he descended the tree and stood before the Houps in a beautiful uniform trimmed with water-lily petals. Letting his gaze pass over the Houps, the Owl said: “Hoo, hoo, what’s the purpose of this expedition?” 
“We’re going to where the sun lives” answered Young Houps “and we want to know what you think and to have your wise advice”.
“Hoo, hoo” hooted the wise Owl, ‘it’s a good decision but for such a journey you will need charms and magic potions”.
The Houps looked at one another and even the toad trembled a little. Lifting up his cape of petals, the old bird of prey gave Young Houps a phial of Queen Mab’s blood (the mid-wife to the fairies), some laughing cherries and a full sack of thin needles whose points concealed a poison so strong that, should anyone be pricked by one, he would lose at once all taste for poetry and think that vice and money ruled the world, a world in which he must work day and night for forty years, going round and round in circles, obeying whenever his number was called.
            


      The Enchanted Owl kissed them all, even the toad, and wished them good luck, hooting from the top of his tree: “All the best! And don’t forget to call on the Three Fairies”. The little column of Houps, led by a toad volunteer, stretched out determined to find the sun’s lair. To thank the Owl, they threw away the poisoned needles so that no one would ever lose their feeling for poetry.

 

Chapter 4

The Three Fairies

 

         They walked a long way, and despite forgetting all that the Owl had said they found themselves, after three days of night and two nights of night, in the fairy glabe. Young Houps declared that it must be the place and they all agreed. They sat in a circle and began to call. In order to make the fairies appear they had to use the correct formula: to call them once and straight away, by their first names. Unfortunately, no one knew them. Suddenly, Young Houps remembered that in the land of the Houps only three Fairy names were known. The designer of rainbows thought that night make things easier or more difficult but they decided to try. They whispered to each other the names they knew, their ears tingling from the soft murmur. Then they fell about laughing, forgot why they were laughing, why their ears tingled and why hey were whispering. Worn out, they fell asleep in the most comfortable position for a Houps: stretched out, eyes closed with their nostrils open to the wind.
        

         
In the morning, trembling with excitement, they climbed a sugar candy reed to call out to the Three Fairies, at one and the same time, with their fingers crossed that their bold ruse would succeed, the only three names that they knew and that there were. And in fact, hardly had the chorus of Houps begun to chant the fairy names (which together with the water-lily elixir recipe were the two lessons taught first at the Houps school) than a great wind rose up and Else, Talita and Barbarine alighted, welcomed by a gentle shower of gems and he laughter of the Houps, happy at having discovered their names.
            


         Young Houps spoke to Else, immediately: “O great and beautiful Else, you know that the sun doesn’t rise any more and that it is always night in our land. What should we do?”
Else, with her very thin and impressively red nose sticking straight out, addressed them all in a piping voice: “O, my gossips and I realise all that, but for the moment we have no explanation”. Barberine added: “No explanation, whatsoever”.
Wise Talita, whose amber skin, inherited from her spiced-bread parents, shone golden-brown in the soft lustre of her flower eyes, poke : For the time being” she said, stroking her hair nonchalantly while its length and colour altered with each change in her voice, “it is true that we don’t know much about this but we do have our shrewd suspicions”. “Yes, shrewdly, shrewd!” added Barberine.
        

         
A visitor to the country of the Houps might have said that Barberine was small, round and very ugly but the Houps took no notice of how people or things looked. They kept themselves to themselves or helped others, choosing to speak to people rather than speak about them. The Three Fairies lay down on a bed of purple thoughts, putting to fluttering flight strange multi-coloured butterflies which settled, without further ado a few feet away, while all the while a light shower of precious stones continued to fall.
“What’s to be done?” wondered Young Houps.
“Yes, what’s to be done?” insisted the designer of rainbows. “Tell us, at least, what you suspect!”
“We can tell you all our suspicions” said Else “but we three must first agree to do so.”
“But we always agree” murmured Talita.
“O yes, we always agree” added Barberine.
Then Else invited them to sit down to hear what she had to say.
They sat on moss formed out of rubies, diamonds and lapis-lazuli and listened intently. Else concentrated so hard that she forgot to begin.
“Please tell us what you have to say” pleaded Yong Houps
“Yes, tell us” added Barberine, again.
         


         Else recalled the great truth discovered by Old Houps, the wisest of all the Houps, that to get the best out of a story two people at least must listen with care and one or more must tell it well. She had no difficulty in remembering this, for in their first year at school the Honey Queen had taught them all the great truths known to the Houps, wanting to call them, forgot the names they knew. Else alone was also called Fish, Miramar, Green Algae, Rose, Mushroom, Eel Pate, National Museum, Barberine, Bee, Polished Stone, Freshness, Frog Newly Spectacled, Burnet and Mimosa. Else began her tale:
“We think…”
“Yes, we think” Barberine added. 
“We think” Else began again “that the lentils may have rebelled”.
The Houps could scarcely believe their ears.
“How come?” asked Young Houps.
“Yes, how come?” repeated Barberine.
Else continued, “For three long years no one has picked the lentils and we think…”
“Yes, we thin” Barberine added.
“Anyhow, we think very strongly…”
“Yes, very strongly” interrupted Barberine.
“That the lentils are angry that no one has picked or eaten them and being left to grow higher and higher, they have blocked out the sun”.
“If we ate the lentils” asked Young Houps, “would the sun come back?”
“We think so” answered Else.
“Yes, we think so” added Barberine.
            


         Young Houps scratched his head for a while, a sign of his intense concentration, then said gravely:
“I can see only one solution. We must go and find the lentils”.
“O yes!” cried the Fairies, “that’s an idea that would please the Honey Queen. We’ll tell you the quickest way to find them. First you must lose yourselves in the depths of the forest where it is darkest and most frightening, then you must toss in front of you little pieces of bun which, when they fall to the ground, will mark out the track that leads to the lentils, whom you will have to win over.”
In gratitude, the Houps embraced the Fairies, then each other. So much hugging went on that they very soon forgot why they were doing it. Nevertheless, the little band of adventurers set off once more.
           


         The Houps could still be seen on the horizon, as Else said:
“I do love the Houps”.
“They are sweet and gentle” added Talita.
“Oh yes, they are sweet and gentle” Barberine repeated.

 

Chapter 5

The Revolt of the Lentils

 

         With the aid of his telescope, carved from a shoot of bamboo, the General of the lentils watched the arrival of the little band led by Young Houps who walked at ease on the hillside, his mouth still sticky from the buns. The old, grouchy officer was nicknamed, Vevette My Soup, due to a regrettable habit of his. Each day at dusk, with his deep voice, which made the young lentils laugh or tremble depending on whether they were in flower or not, and spinning like a panic-stricken moth he would shout out the order: “Vevette, my soup !” Everything would then come to a halt with his wife, the first lady among the lentils, her skirt of onion bells tinkling with each movement, pouring a little cold water onto a sachet made of passion flowers, fumitory, rose hips, a magic potion and, the essential ingredient, a clove. The General found this mixture so delicious that he would swallow it at a gulp, without removing his helmet. The following day, as dusk fell, the cry would go up again: “Vevette, my soup!”

            But now, since the sun no longer rose the dusk did not fall, and as no military gentleman can support the flouting of regulations, the General cried out any time and any place: “Vevette, my soup”. And so his wife prepared the soup continually, and had put aside a hundred litres of it. However, the passion flowers blossomed in the dishes and the rose hips, germinated in the soup, burst and overflowed the cauldron spreading all around like a pink, pearly carpet. Something indeed, was boiling over in the kingdom of the lentils!

            In the mean time, the General, who had slipped on his ceremonial uniform, decided to sit in an enchanted log cabin to await the arrival of the Houps. Several hours later, having heard what Young Houps had to say, the General was still fuming. He could not believe that Three Fairies had suggested that the lentils had grown so tall that they now hid the sun from sight. It really was too silly for words. True, children were not eating enough lentils but then children never ate enough lentils. Why blame the lentils! He was so upset that the radish medals on his uniform shook furiously. Vevette laughed quietly to herself knowing that this was a sign of how annoyed he was. On one occasion, he had squashed several radishes in anger without realising it, one of them being his best father-in-law which caused him to be detested by one of his sons-in-law, a beautiful, rust-coloured vegetable with stature of an ancient greek lentil, nicknamed Alexander the Great Starchy, who liked to give beautiful, freshly cut gorse bushes to everyone. Not being at all miserly, he gave golden bouquets of it away every day without any fuss. Old Houps used to call it paying with gorse bush cash, and in the country of the Houps it had enormous value.

            The General kept on saying, as much to himself as to the others: “It’s absurd, quite absurd, the lentils are not to blame”. Young Houps ventured to break the silence that had fallen, and asked: “Excuse me General, but if the lentils are not to blame, who is?”
Letting the two great leaves of his uniform fall flat as a sign of his helplessness, he replied: “I don’t know and I don’t like when I don’t know. I like everything to be clear but now I know nothing”. Vevette, the lentil army, Young Houps and his companions stayed there for some time, not saying a word. Then, with a solemnity which impressed them all, the General declared: “The lentils must get ready to rebel and hedgehog messengers must be sent to Old Houps, the Enchanted Owl and the Three Fairies”. Clearing his throat, he called to the squirrel clerk: “Make a note: as from this day of day or this night (the General had lost count of how many dawns had failed to appear) the lentils are in revolt against those who dared to hide the sun and place themselves under the command of Young Houps, who is promoted to the rank of honorary lentil”. The squirrel clerks sealed their messages with fairy saliva and spiked them on the hedgehog carriers who left at once. The onion bells of the lentils rang out and the army, as much raised up with excitement as an uprising, began to march out at a steady pace under the command of Young Houps and the General who, not knowing what time of day it was, shouted out: “Vevette, my soup”.

         Vevette and her helpers brought out the hundred litres of the brew she had set aside. While everyone ate and enjoyed themselves they listened, for the umpteenth time, as the General spoke of the years he had spent living among the penguins. Young Houps, dressed in his smart uniform of leeks, gazed for a long time at his reflection in a droplet of dew and then went to sleep. They had all forgotten that they should be leaving but the wise General, before falling asleep himself, and with one last cry of: “Vevette, my soup!” put back their departure to the next day of night.

 

Chapter 6

Falling Stars

 

         Opening one eye and then the other Young Houps saw that, despite the General’s snoring, everybody remained snuggled together and fast asleep. So used were the lentils to this rumbling lullaby that he couldn’t wake them. Gently, he shook the designer of rainbows, the gatherer of spices and the toad, whom Vevette had carefully emptied of the Houps he had swallowed in the euphoria of the evening before, and who now lay quietly, but still gooey, by his side. When all was ready, the little band decided to leave the rebellious army of lentils asleep and set off in the footsteps of Young Houps, determined that the sun’s fiery splendour would be seen again in the blue skies of their homeland. As they moved away from the snoring army, wending their way along happily, that day of night seemed full of promise for they had eaten well and separated themselves a little from the toad, who was hungry again. Young Houps walked ahead thinking of the importance of their search and of how he would see again the Enchanted Owl, the Three Fairies and the gruff General with heart of gold. And he thought of how important it was to visit his friends often to chat, eat and drink with them, and to learn new things; and to do so, even if there was nothing new to learn: being with them was happiness enough. He walked on, taking stock of all this. The others followed, one day-dreaming, another picking flowers and the toad wondering, as always, what on earth he was doing there. Young Houps looked at them all in turn, his face breaking into a wide smile, as he remembered a proverb Old Houps had taught him: “A friend is like a comfortable bed where you can rest in peace”. He thought that this was very true and that Old Houps was surely the wisest of them all.

           They walked for a very long time until they found themselves entering a wide clearing, so dark that it terrified them. Suddenly, they were overwhelmed by an astonishingly beautiful sight. From the depths of a huge hole great fiery streaks, like living streamers of gold, were trying to pierce through a cascade of stars, that made the whole valley look like a field of heavenly sunflowers, only to fall back defeated onto the sparkling ground I a feint drizzle of light. It was all so incredibly wonderful that the Houps were transfixed with amazement and joy. Young Houps thought: how sublime nature is when we take the time to look at it. The designer of rainbows made a sketch while the maker of very small boxes wondered if he could catch a falling star. Having seen nothing like this before, the toad thought it was as good as a thick slice of spiced bread and honey. Seated on the soft green grass, they drank in the magnificent sight not knowing what fascinated them most: the magical light, of which they had been deprived for so long, the stars in all their sizes and colours or the great streaks of gold, so like the long tresses of Talita the fairy. Beneath the rich amber sky, the clearing seemed like an immense stage on which nature improvised with all her mischievousness.

           The Houps who gathered spices wiped off a little star-dust and filled a phial with it, intent on returning to the village, where h would hide it at the bottom of the river to make the water shine at night. The toad felt like eating a star but thought better of it. Stars without number continued to fall, never dying out. The Houps who designed rainbows stopped sketching; star-gazing had become far more important. Young Houps looked at his delighted friends and knew that they were as wonderful as the starry glade itself. Hour after hour went by. So entranced were the Houps by this marvel that they appeared, at times, just like human beings, lovely and ephemeral in the light of the countless stars tumbling from heaven, which set the valley on the fire like the heart of someone in love. O, how wonderful it was!

            Sleep, at last, shut their eyes; a deep sleep filled with the memory of how far they had travelled since first setting out together. They slept in each others arms, the stars still twinkling brightly under their closed eyelids.

 

The Final Chapter

In Search of the Dawn

 

         Old Houps finished buckling on his armour of spiced bread, telling himself that he had every reason to lead the villagers out to find Young Houps and his companions. Since the fool-hardy little band had left, the villagers had shivered through any number of days of night and nights of night, and the village was still plunged in darkness.  No sign of dawn, no radiant mild-day sun. Hope had now, well and truly, given way to anxiety.



         The General woke up with a final snore, furious that no one had woken him up. Out of habit, he yelled: “Vevette, my soup!”

         Having ordered the army to action stations and readied it to manoeuvre as one, the General and the lentils, less than an hour later, moved off at a rapid pace across the valley.

         The large, round yellow eyes opened and shut jerkily, betraying the many questions that played on the mind of the Enchanted Owl: “To-Wit- To-Woo” he hooted, “where is the dawn, the mid-day and the dusk? What has happened to our peaceful word? » With one heavy sigh, the Enchanter gave vent to all that had worried him for days. But now, he had made up his mind to leave his tree and search for the Houps, beginning with the realm of Three Fairies.

 

         Talita, seated on a bench of moss strewn mushrooms, tapped nervously on some heather bells and looked intently at Else, absorbed in sowing dragonfly wings. Having finished shelling some magic beans and not knowing what else to do, Barberine began tapping nervously as well while thinking as hard as she could. Talita broke the dense silence and said, in a gentle but commanding voice: 

         “Come along my gossips, come along, we must star out. Without the sun shining the Houps are surely lost; they are quite capable of forgetting our names and staying out there doing nothing at all.”


Saying this, Talita’s hair became very short and changed to a dull, electric-blue while her flower eyes, sparkling with delicate touches of violet, grew ever larger.
Else replied: 

         “You are right, it’s all so disquieting, we must set out”.
Without more ado, she flew off in the direction of the great valley, leaving behind a trail of pearls and precious stones. Talita followed almost at once with Barberine adding: 

         “Yes, you are right, we must go!” 

Getting rid of her magic beans, and after a laborious take-off, Barberine flew away to join the others who were already no more than two specks of gold in the thick darkness.

 

         Young Houps awoke. No, he had not been dreaming, the stars were still there in their thousands jumping and dancing to a jig that only the gods of the Houps could follow. The colours and reflections were beyond description. The Houps and the toad awoke in turn, but no one spoke. Caught up in the starry spectacle, they remained as still and silent as a mother’s wondering gaze, or the smile of the Muses or the noiseless wings of the butterflies who accompany the procession of the worlds.

            Just at that moment, the lentil army arrived led by its grouchy General. The Three Fairies and the Enchanted Owl circled above it, astonished at what they could see. Soon, they appeared in the clearing not knowing which gave them the most delight, meeting their friends or seeing the stars falling from the sky. They all embraced Fairies and Owl, Houps and lentils, smiling, hugging and laughing. Later, having drawn apart from the others, Young Houps, Old Houps, the General and the very beautiful Talita finally understood everything. Old Houps summed it up in his deep, calm voice: “The sun is imprisoned in his lair by this marvellous cascade of stars and despite the few rays that force themselves through he is, unfortunately, wedged in, alone and sad”.
On hearing this, an opal tear ran down Talita’s cheek. Climbing a tree, Young Houps spoke to them all in the strongest voice he could command, proposing that they send the stars back into the sky. They all agreed, and set about organising themselves at once.

        

         Having cut Talita’s magnificent hair, by now remarkably long, blond and strong, Else and Barberine attached the tresses to some clouds, forming them into huge magical bows while the Owl glued the stars onto arrows of flowering acacia, with fairy saliva. At Old Houps signal, the lentils bent the bows and released the arrows which burst, in the night sky over the land of the Houps, in a most beautiful, starry firework display. As the stars spread out, the sun, with a crowning flourish climbed up freely, slowly and majestically, to light up the world of the Houps with a dawn no one would ever forget. As the glorious fire of the sun quickly blocked out the light from millions of stars, they all gazed in wonder, on that fresh, spring morning, at the dazzling blue of the sky above. Having given each other the kiss of peace, Young Houps began laying the tables for a banquet while the lady Houps prepared cauldrons of water-lily elixir. When everything was ready, they drank almost to bursting and spent the rest of the day singing and laughing, telling stories and hugging one another, so delighted were they at being so happily re-united. As evening came and twilight fell on the country of the Houps, they began preparing even more elixir. At last, the sun went down to his lair again leaving the sky glittering with stars, as it had from time immemorial. Talita’s hair grew long again, rising and falling in the light breeze that had come up, and everyone slept peacefully.

            High in the sky, among some milk-white clouds, the moon shone like a lighthouse beacon. Young Houps looked at his friends with infinite tenderness and thought how wonderful everything was in the country of the Houps. Before closing his eyes, he had just enough strength to recall a proverb of Old Houps: “To know true happiness, we must do everything from the heart”.

 

The End

 

 

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